Une coproduction de ses enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants

Les Secrets de la Politesse et du Bon Ton

Introduction

Les Secrets de la Politesse et du Bon Ton

Les Secrets de la Politesse et du Bon Ton

L’exemplaire ici utilisé des Secrets de la Politesse et du Bon Ton ne comporte aucune date d’édition; il en va de même pour ceux proposés à l’achat par les sites de vente de livres en ligne ; cependant Olivier a trouvé dans l’ouvrage, un faire-part daté de 1907, ce qui concorde avec le fait que le métro figure parmi les moyens de transport utilisables. En revanche les recherches concernant l’auteur, Madame Elise, ont été infructueuses. J’ai donc forgé un petit roman à partir d’indices glanés au travers de ses commentaires. Madame Elise ne s’attarde pas sur le quotidien de ses personnages, à une exception près car elle fait preuve d’une empathie certaine à l’égard de l’Institutrice:

La position d’une institutrice à demeure est en général fort pénible. Souvent la jeune fille appartenant à une bonne famille, jouissant d’une éducation quelquefois supérieure à celle de ses maîtres, est obligée de subir les affronts, les mouvements d’humeur injustifiés des parents et des élèves. Si elle ne peut faire autrement, si son pain et celui de ses vieux parents dépendent de sa place, elle supportera avec le plus de douceur et de calme possibles les reproches immérités. Elle évitera de s’en venger en écoutant les cancans des domestiques, en parlant mal avec eux de leurs maîtres, en négligeant sa tâche. Elle préférera une solitude digne à la familiarité des subalternes qui, toujours un peu jaloux de sa supériorité, ne manqueraient pas de lui nuire auprès de ses maîtres, de rapporter ses moindres propos et d’interpréter ses actes avec malveillance …

Ne peut-on dès lors imaginer avec quelque vraisemblance qu’elle relate son propre parcours? Dans le cours du livre, son dédain vis-à-vis des domestiques est perceptible, et sa connaissance des règles, objet de son ouvrage, ne serait-elle pas le fruit de son expérience dans le milieu huppé?

Pour mon édition de L’Ami du Clergé, j’avais tout naturellement choisi les textes en fonction des illustrations envisagées. La citation de quelques passages non illustrés en atténuait la part d’arbitraire. J’ai procédé à l’identique pour cet album : les choix sont liés aux suggestions de l’illustration.

Certes ces règles de bienséance apparaissent désuètes, reléguées dans un passé suranné ; cependant on peut être assuré que nos codes actuels ne seront pas moins étranges dans un siècle, et que nous ignorons celles de leurs modalités qui provoqueront condescendance et amusement.

Autre restriction à mon appréciation de leur validité : Madame Elise évolue dans le milieu des nantis. Il en est même, écrit-elle, qui ne disposent pour toute domesticité que des services d’une cuisinière et d’un valet de chambre! Or pour ma part, faute d’avoir vécu dans ce milieu, j’en ignore les rites actuels, sans doute incompatibles avec mes vues personnelles. Et très certainement nombre d’entre eux me surprendraient tout autant que ceux en vigueur au tournant des XIXème et XXème siècles. Néanmoins des évolutions sont avérées. En premier lieu les rapports hiérarchiques tellement rigides à cette époque, ce dont témoignent plusieurs chapitres, – déjà présents dans le rôle de l’institutrice et encore davantage dans certains passages que je cite -, se sont assouplis. Le Code du travail les a modifiés en profondeur, des notions nouvelles se sont fait jour, licenciement abusif, harcèlement, juridiction prudhommale … même si les rapports hiérarchiques subsistent.

Également, même si la discrimination sexuelle est bien marquée, le rôle de la femme rigoureusement encadré, il y a des amorces d’évolution : je reproduis dans les passages non illustrés quelques extraits du chapitre «Les Femmes célibataires» qui prouvent que Madame Elise en a une conscience encore bien timide. La société française restera encore fort longtemps très en retard par rapport à d’autres pays. Je suis né en 1922 à une époque où la femme était toujours «l’éternelle mineure» du Code Napoléon, le mari le chef de la famille, le droit de vote refusé (à trois reprises le Sénat y a mis obstacle), où le roman de Victor Marguerite La Garçonne, relatant les aventures d’une femme émancipée, hétérosexuelle et homosexuelle, provoquait un énorme scandale!

Il ne me reste qu’à espérer que mes lecteurs prendront un intérêt indulgent à ma rédaction et mes illustrations.

Lien vers le document complet: Les Conseils de Mme Elise

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