Une coproduction de ses enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants

Album

L’Ami du Clergé: Le facteur

Le facteur
26 juillet 1911

Jurisprudence civile-ecclesiastique

Q. – – Un facteur local, chargé de son sac et sorti du bureau de poste pour faire sa tournée, a-t-il le droit de rentrer chez lui et de s’y attarder, surtout si sa femme tient buvette ou bureau de tabac ?
A-t-il le droit, au cours de sa tournée, d’entrer dans les maisons pour déposer ses lettres et d’en profiter pour s’asseoir, prendre du repos ou même un coup de vin ?
Il y a sur ce point bien des choses tolérées : mais je vous prie de me dire le droit. IMG_0153

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L’Ami du Clergé

Ce premier album a été conçu dans les années 90, c’est le tout premier album de l’auteur.
Pour voir les images de l’album et leur commentaire cliquer sur l’article correspondant.
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Introduction

Les textes illustrés dans cet album sont extraits des livraison d’une revue hebdomadaire, L’Ami du Clergé, années de parution 1898, 1900, 1901, 1910, ainsi que de son supplément « Jurisprudence civile-ecclésiastique» 1909-1912.

La manchette est explicite :
« Revue de toutes les questions ecclésiastiques

Dogme – Morale – Liturgie – Droit canon – Ecriture sainte – Patrologie – Histoire sacrée – Législation civile-ecclésiastique – Pastorale, Prédication, Catéchisme – Bibliographie. »

Quant à sa doctrine, sa morale, son engagement politique, L’Ami est en phase dans le courant majoritaire de la presse catholique à la Belle Epoque, cette presse dont les titres principaux sont La Croix et Le Pèlerin.

L’Ami est traditionaliste, orthodoxe, d’un zèle prompt à déceler dans les écrits des théologiens contemporains des erreurs de doctrine et surtout des soupçons de « libéralisme » chez des penseurs qui croyaient leur catholicisme à l’abri de tels manquements ; d’où des polémiques plutôt aigres avec plusieurs auteurs mis en cause.

L’Ami est ultramontain, monarchiste certes, mais davantage encore légitimiste faisant élection de la maison d’Anjou pour mieux rejeter celle d’Orléans. Aussi quel déchirement que le ralliement imposé par Léon XIII et que, en vertu de sa soumission sans faille au Saint- Siège, il défendra à l’encontre de ses propres convictions et de celles de ses lecteurs.
Antisémite avec virulence, antimaçonnique à l’égal, anti-protestant avec modération, il ferraille à l’occasion contre les fantômes du gallicanisme et du jansénisme.

La spécificité de L’Ami est ailleurs : est-il une autre publication dont tout à la fois rédacteurs et lecteurs sont des ecclésiastiques ? Son tirage médiocre, quelques dix mille exemplaires, ne contrarie pas une influence considérable, disproportionnée à la modestie du chiffre : L’Ami pénètre dans la plupart des paroisses, chaque spécimen est non seulement lu par plusieurs curés et vicaires, mais largement discuté entre confrères.

Son programme est mis en œuvre par des rédacteurs de grand savoir, érudits exemplaires dans les domaines qu’ils ont à couvrir, et continûment soucieux de pédagogie, d’édification, d’affermissement des convictions de leurs lecteurs. Tous restent anonymes, conformément au vœu de la Direction de la revue ; ainsi du « Vieux Moraliste », rédacteur infatigable, prolixe et, de son propre aveu enclin à l’ergotage, auteurs de « Notes et Souvenirs » où, au fil des années il distille sa science de théologien et d’ancien professeur de philosophie au Grand séminaire, sans doute octogénaire en 1909 alors qu’il s’attaque aux manuels scolaires condamnés par l’épiscopat ; ainsi de l’auteur des dix-huit conférences sur « L’Eglise de France et l’Etat au XIXème siècle», prononcées aux Facultés catholiques d’Angers.

Outre les articles de fond, une autre rubrique d’un grand intérêt : les comptes rendus bibliographiques, 1500 titres commentés en quatre ans.
Ce ne sont cependant pas les passionnantes leçons sur l’art ogival, la facture d’orgue, les études exhaustives du spiritisme, de l’hypnotisme, les causeries avec un jeune curé qui assurent l’absolue originalité de la publication, mais bien une double rubrique, où rédacteurs et lecteurs engagent un dialogue foisonnant et multiple.

A L’Ami du Clergé, les abonnés envoient des questions, et il y est répondu, à l’exception, nous dit-on, des celles trop « transcendantes », ou en revanche « à l’extrémité de l’échelle, si banales et futiles, pour ne rien dire de plus, que nous ne pouvons vraiment pas leur faire l’honneur de les prendre en considération ».

Deux catégories donc :
Liturgie en premier lieu, et il faut avouer que, pour un individu dépourvu de culture et d’esprit religieux, leur complexité, leur longueur parfois, pose un problème d’entendement. Deux exemples entre mille :

« 11 avril 1898 Q.- J’ai pour patron saint Amand (6 févr.), et saint Vast (2ème cl.) qui tombe ce jour-là est permuté au 5 mars comme en son siège propre.
1° Que faire des Sept Saints Fondateurs qui, dans l’Ordo diocésain, sont transférés à ce même jour 5 mars ?
2° Que ferais-je le 14 mars, où l’Ordo diocésain marque Saint Vast, dont j’ai fait la fête le 5 mars ? Et le 8 avril, où l’Ordo diocésain marque Saint Amand, que j’ai célébré le 6 février ? »

« 17 mars 1898 Q.- Pour l’extrême-onction, doit-on faire deux signes de croix sur les côtés de la bouche ou un seul signe de croix au milieu de la bouche ? Que faire si le malade a la bouche ouverte, dans le cas où il ne faudrait qu’un signe de croix ?
2° Pour l’onction de l’oreille, où faut-il la faire, en bas de l’oreille, ou sur la petite proéminence qui s’avance sur l’oreille (au milieu) ? »

La deuxième catégorie est traitée sous la dénomination « Questions de science ecclésiastique – Consultations diverses. » C’est un fourre-tout, un vivier exceptionnel, ; semaine après semaine, les questions de toute nature déferlent, tout ce qui pose problème aux lecteurs.
Ainsi s’ébauche au fil des numéros un tableau totalisant, non pas seulement les préoccupations des prêtres, mais de leurs ouailles, de tout ce qu’on confie au curé, confesseur ou conseiller ; il lui appartient d’imaginer les solutions, qu’au besoin il sollicitera auprès de sa revue préférée. Tout y passe, pratiques sexuelles des pénitents, bien sûr, les consultations scabreuses étant rédigées en latin, les réponses souvent fort longues transmises dans le même idiome ; nul besoin d’être latiniste pour en découvrir l’objet, les vocables alduterium, incestum, cum modo onanistico, sodomia, pollutio, carnale commercium, per tactus inhonestos, per copulam sive inchoatam sive completam…peuvent être compris par les moins initiés.
– les questions patrimoniales, donations, créances, legs, part réservataire des successions, cessions, inventions de trésors, taxes et impôts… et alors émergent ce qu’on ne saurait trouver dans les minutes des notaires, les dols, les filouteries, les duperies, les contrats avec dissimulation, les ventes aux enchères truquées, toutes les fraudes imaginables pour flouer son prochain, fut-il son parent proche, sa compagnie d’assurance ou l’Etat…
– les problèmes matériels du prêtre, honoraires, casuel, offrandes, rapports conflictuels curés-vicaires ;
Les querelles de clocher, politiques et autres, l’antagonisme difficilement imaginable aujourd’hui entre cléricaux et anticléricaux.

J’imagine ce tableau du Clergé à la Belle Epoque tel qu’un thésard pourrait le brosser en utilisant 25 années de parution, ordonnant, classant, décortiquant les données qu’aucune autre source d’enquête ne pourrait fournir, des années de recherche à coup sûr. J’aurais souhaité être moi-même cet impétrant, soumettant au jury universitaire ce vaste panorama –sous forme de bandes dessinées évidemment- de l’Etat du Clergé à la Belle Epoque.

Cependant mon propos n’a pas cette ambition ; j’ai choisi d’illustrer 35 sujets pris parmi des centaines possibles, pour leur saveur, leur cocasserie, leur caractère saugrenu.

Alors mon tableau, partie ? assurément ; partial ? non … enfin pas vraiment. Ces textes, au-delà de ce qu’ils révèlent de candeur ou de cautèle, de rigorisme et d’ouverture, d’inquiétude, de foi, parfois de désarroi témoignent : ils nous montrent ces hommes, moulés dans les séminaires, recréés par la Restauration dans un esprit de revanche contre la Révolution, prenant pour guide le « Syllabus » bien plus que « Rerum novarum », affrontant les problèmes su siècle, ceux du quotidien, de la vie économique et sociale, de la famille, de la contarception… Les mutations profondes qu’engendrera le XXème siècle sont en germe, il n’est pas pensable que ces hommes que leur vie de chaque jour met en contact avec la réalité n’en soient affectés et leur vocation les oblige à répondre.

Aussi pour compléter et nuancer ce portrait quelque peu biaisé, je joins en annexe quelques citations choisies assez brèves, que je n’illustre pas, et qui contribueront à élaborer une image plus voisine de la réalité.


L’Ami du Clergé : La vertu reconquise

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La vertu reconquise
18 octobre 1900

QUESTIONS de science ecclésiastique

Q.- – Dans un sermon que j’ai prononcé cette année sur sainte Madeleine, j’ai reproduit cette phrase tirée de l’abbé Besson, 1er vol., Panégyr., pages 95 et 96 : « Que les cœurs vraiment purs se montrent doux et compatissants à ceux qui reviennent, en se rappelant que la vertu reconquise est plus méritoire encore que la vertu conservée.»
Il ne m’est pas possible de vous dire ce que cette phrase finale a soulevé de récriminations dans mon auditoire, qui l’a trouvée scandaleuse et peu encourageante pour les âmes innocentes.
Je vous serais bien vivement reconnaissant de me dire ce qu’en pense L’Ami du Clergé.
R. – – ……………………………….
Retenons donc que dans toutes choses égales d’ailleurs, la vertu reconquise est plus méritoire que la vertu conservée ; mais que la vertu conservée peut être aussi plus méritoire que la vertu reconquise, s’il y a autant et plus d’efforts et de grâces pour la conserver que pour la reconquérir.

27 décembre 1900
QUESTIONS de science ecclésiastique

Q.- – Dans L’Ami du Clergé, page 910, vous avez un article qui ne m’agrée guère. Vous y dites en effet que « la vertu reconquise est plus méritoire que la vertu conservée. »
Et alors, d’après cette théorie, pour devenir un plus grand saint il faut d’abord se vautrer dans la fange du péché ?
Etrange doctrine, en vérité !
Et si cette doctrine était vraie, expliquez, s’il vous plaît, l’Immaculée conception ?
Expliquez encore pourquoi, dans le ciel, les vierges auront une place réservée et suivront partout l’Agneau ?
De plus le fameux « Pecca fortiter, crede fortius » de Luther serait donc devenu vrai ?
Depuis quand, s’il vous plaît ?
Pour moi, je trouve beaucoup plus juste, plus catholique et plus belle cette parole de je ne sais plus quel Père : « Le repentir est bien beau, mais l’innocence est plus belle. Le repentir, ce sont ces belles fleurs qui poussent sur nos fanges ; mais l’innocence, c’est la vertu des anges, vertu qui ne se trouve guère qu’au ciel.3

R.- – Tout doux, cher et vénéré confrère !
Relisez-nous et vous verrez que vous nous prêtez d’affreuses choses que nous n’avons pas dites, et qu’on ne saurait tirer de nos réponses par voie de conclusion.
L’innocence conservée est assurément très belle et quand elle s’élève, comme pour la sainte Vierge, au plus haut sommet de la sainteté, elle est bien supérieure à toute autre sainteté, à toute sainteté reconquise. Même à un degré inférieur, elle mérite tous nos hommages.
Mais il est au ciel des pénitents qui l’emportent sur bien d’autres saints qui ont moins péché et qui n’ont pas autant aimé : saint Pierre, saint Paul, sainte Marie-madeleine et beaucoup d’autres.


L’Ami du Clergé: La clef mystérieuse

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La clef mystérieuse
30 août 1900

QUESTIONS de science ecclésiastique

Q.- – Un excellent jeune homme, très bon chrétien, vient me dire qu’il a été, pour la première fois, en contact avec des esprits, et que cela est vraiment curieux. Voici comment opèrent ces esprits.
Dans un paroissien, et de préférence à la page où se trouve l’Evangile de Saint Jean (pourquoi ? Ce n’est peut-être pas le côté le moins curieux de l’opération), on insère une clef qu’on attache dans le livre avec une corde ; puis, protestant par avance qu’on répudie toute intervention diabolique, et toute participation avec un agent mauvais quel qu’il soit, on prend avec deux doigts le haut de la dite clef et on l’interpelle ainsi : « Clef, je te commande de me dire telle chose : si c’est vrai, tourne trois fois » ; et la clef tourne trois fois.
Ainsi, on lui a demandé, sous mes yeux, de tourner autant de fois que Monsieur un tel avait de paires de souliers ; autant de fois qu’il y avait de chaises, de tableaux dans l’appartement ; autant de fois qu’il y avait dans la maison de milliers de francs : et elle l’a dit exactement.
« Si tu es un esprit mauvais, tourne », et elle n’a pas tourné.
« Si tu es une âme en purgatoire, tourne », et elle a tourné.
« Si tu es l’ennemi de Jésus-Christ, tourne », et elle ne tourne pas.
« Si tu es de telle paroisse, et nous ne te connaissons, ne tourne pas », et elle tourne.
« Si tu es de telle paroisse, tourne », et elle tourne, etc. Elle répondit ainsi très exactement à une foule de questions.
Ce qui fut aussi très remarquable en l’affaire, c’est que le prêtre présent ne put jamais arriver à faire tourner seul la susdite clef.
Ceci posé, je demande :
1° D’où vient l’effet magique de cette clef ;
2° Ce que vous pensez de ce renoncement à toute intervention diabolique dont j’ai parlé plus haut ;
3° Quelle faute commet celui qui s’amuse à faire de pareilles expériences, et, dans le cas présent, quelle faute ont commise et l’excellent jeune homme qui ne croyait pas mal faire, et le prêtre qui a assisté et même tenté l’expérience.


L’Ami du Clergé: Conseils aux électeurs

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Conseils aux électeurs
28 juillet 1898

QUESTIONS de science ecclésiastique

(extrait d’une très longue question d’un lecteur)
……………………….
Il y a loin de là à la simplicité idéale de l’Evangile : Est, est ; non, non.
Le théologie ose dire qu’il est permis à un prêtre en particulier (surtout s’il est de condition très infime) de parler du devoir électoral, même en chaire ; -mais non s’il est haut placé dans la hiérarchie.
……………………….

(extrait de la très, très longue réponse à la question)
……………………….
Autre grief. « Le théologien ose dire qu’il est permis à un prêtre en particulier (surtout s’il est de condition très infime), de parler du devoir électoral, même en chaire, mais non s’il est haut placé dans la hiérarchie ». Eh oui ! Le théologien a dit cela ou à peu près, car ce n’est pas textuel ; et il ose croire que ce n’est pas si mal pensé. Jugez plutôt de la très simple observation que voici.
Un de vos paroissiens se présente à une élection municipale complémentaire. C’est un mauvais drôle, ami du maire avec qui vous êtes en délicatesse. Si vous vouliez vous appliquer à vous-même la règle de conduite que vous voudriez voir pratiquer par les prêtres « haut placés dans la hiérarchie », par les évêques, vous monteriez en chaire et diriez à vos ouailles rassemblées : « Mes frères, X… est une canaille ; c’est péché que de voter pour lui. Je refuse l’absolution à ceux qui oseront le faire. Amen. »
Voilà qui serait franc comme l’osier, pas finassier, pas diplomate du tout. Voilà pourtant ce que vous ne ferez jamais. Sur quoi vous êtes d’accord avec le théologien « qui a osé dire… »
Et pourtant, si vous avez en dessous, par conversations privées et influences indirectes, des moyens de faire savoir à vos gens ce que vous pensez de X… et ce qu’ils doivent en penser eux-mêmes, vous n’hésiterez pas à les employer. Ce qui sera très bien, mais un peu finassier tout de même, il faut en en convenir.
……………………………..


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L’Ami du Clergé: Le feu de l’enfer

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Le feu de l’enfer
13 décembre 1900

QUESTIONS de science ecclésiastique

Q. – – Dans ses Tables générales, page 151, et à la page 257 de 1893, L’Ami du Clergé affirme comme étant de foi que le feu de l’enfer est un feu matériel. C’est la conclusion qu’il tire d’une réponse de la Sacrée Pénitencerie en date du 30 avril 1890 ; et qu’il a reproduite en 1890, page 542.
La Sacrée Pénitencerie déclare que les pénitents qui croient le feu de l’enfer purement métaphorique doivent être instruits avec soin, et dans le cas où ils ne voudraient pas renoncer à leur opinion, on ne peut pas les absoudre.
De cette déclaration, il ressort que le feu de l’enfer n’est pas métaphorique, que c’est un feu réel, mais nullement que c’est un feu matériel.
L’Ami du Clergé avouant que cette réponse ne constitue pas une déclaration dogmatique, comment peut-il, de ces termes et de son caractère, en tirer cette double conclusion : 1° que le feu de l’enfer est un feu matériel ? 2° que c’est une vérité de foi ?


L’Ami du Clergé: L’île inconnue

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L’île inconnue
21 avril 1898

QUESTIONS de science ecclésiastique

Q.- – Un prêtre, traversant la mer, fait naufrage et est jeté sur une île inconnue pour lui. Il y trouve quelques hommes à qui il veut prêcher l’Évangile. Ces hommes endurcis ne veulent pas l’écouter. Alors il demande un miracle à Dieu pour preuve de la vérité de ses paroles. Ce miracle lui est accordé : les poissons viennent écouter un sermon qu’il leur fait. Voyant cela les insulaires demandent à se confesser. Le prêtre se dit : « je n’ai pas de juridiction, mais il est évident que le Bon Dieu m’a envoyé ici pour lui gagner ces âmes », et il les confesse tous. Son absolution vaut-elle ? Peut-on dire dans ce cas Ecclesia supplet ?


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L’Ami du Clergé: La marchande de journaux

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La marchande de journaux
24 mars 1898

QUESTIONS de science ecclésiastique

Q.- – Une veuve, vendeuse de journaux, bons et mauvais, refuse de vendre uniquement les bons journaux :
1° Parce qu’elle ne pourrait autrement élever sa nombreuse famille ;
2° Parce qu’un autre prendrait son commerce ;
3° Parce qu’elle propose les bons aussi bien que les mauvais et qu’un autre pourrait faire plus mal qu’elle ;
4° Parce que les mauvais journaux lui rapportent plus que les bons.
Certains confesseurs l’absolvent, d’autres lui refusent l’absolution. Quid ?
Comment traiter en confession les lecteurs des mauvais journaux ? Peut-on leur donner l’absolution ?


L’Ami du Clergé: La jeune orpheline

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La jeune orpheline
20 octobre 1898

QUESTIONS de science ecclésiastique

Q. – – 1° Une jeune fille orpheline, de mœurs fort légères, ayant une imagination un peu exaltée, lit beaucoup de romans ; elle prétend néanmoins que cette lecture ne fait sur elle aucune impression et, sur cette assurance, le confesseur lui donne habituellement l’absolution. Le confesseur peut-il l’absoudre ?
2° Etant orpheline, elle vient habiter chez son oncle ; elle ne tarde pas à être, de la part de son cousin, l’objet de sollicitations coupables, elle résiste assez longtemps, mais peu à peu elle succombe. Elle déplore sa situation et lorsqu’elle se confesse elle présente des signes sérieux de contrition. Son confesseur lui donne l’absolution. Elle retombe, son confesseur l’absout quatre fois, puis l’oblige à quitter la maison de son oncle.
L’a-t-il obligée à quitter assez tôt la maison de son oncle ?
4° La jeune orpheline se retire chez une tante, où elle est aux prises avec une nouvelle occasion de péché ; bientôt elle noue des relations coupables avec un jeune ouvrier de la maison. La jeune fille, qui veut sincèrement renoncer au mal et qui sait que son cousin s’est marié, veut revenir chez son oncle et demande l’autorisation à son confesseur.
Peut-il l’autoriser à y revenir ?


L’Ami du Clergé: Un enfant refuse de dire la messe

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Un enfant refuse de lire la messe
3 février 1898

QUESTIONS de science ecclésiastique

Q. – – 1° Un jour de fête, un enfant de treize ans refusant publiquement de servir la messe avec un de ses camarades, je le fais sortir du sanctuaire.
Le père le garde, et prend à mon égard des mesures de résistance au lieu de seconder mon autorité.
Que faire au confessionnal ?
Dois-je exiger de la mère et de la sœur complices de la révolte, que le petit garçon soit ramené et contraint de reprendre son service, avant d’être admises aux sacrements ?
Le puis-je ?
Par ce traitement, je m’expose à éloigner pour longtemps cette famille des habitudes religieuses, et à voir les filles se lancer dans la dissipation.
Si je garde le silence, les accueillant comme tout le monde, mon autorité sera peut-être compromise devant le public, qui, ne voyant aucune sanction s’attacher à ses écarts, et ne comprenant pas non plus les hautes raisons des accommodements dont je pourrais user, s’habituera à croire que l’on peut impunément se permettre toute résistance à l’autorité du prêtre.
2° Si ces personnes vont se confesser ailleurs, puis-je leur présenter la communion lorsqu’elles se présenteront avec le reste de la foule ?
Ne puis-je pas au moins les prévenir que je ne la leur donnerai qu’après la messe, et seulement lorsque l’église sera vidée ? Puis-je, sans faire de personnalité, donner cet avis en public ?
Ces mesures, à quelles sanctions pénales peuvent-elles m’exposer, si je fais savoir que je n’agirai ainsi qu’à l’égard de ceux qui se révoltent, et tant que durera leur attitude d’insoumis ?
Je n’entends agir que pour le plus grand bien de tous. Mais dans une paroisse où les enfants sont les seuls maîtres, ces faits-là, s’ils ne sont pas réprimés convenablement, seront pour le public, à l’avenir, une vraie pierre de scandale, et l’autorité du prêtre sera de moins en moins comprise respectée.
D’autre part, la liberté de communier coram populo, au retour d’une escapade à l’étranger, favoriserait par trop fort la liberté de tous les excès, et reviendrait à une railleuse provocation à l’égard du curé de la paroisse.